Le scénario du remplacement de Sama Dubaï en discussion.
L’Agence d’aménagement de la vallée de Bouregreg cherche des solutions pour relancer le projet.
Si le groupe émirati veut se retirer, l’agence aura l’exclusivité du choix d’un autre associé.
Le chantier d’Amwaj, la deuxième séquence du méga projet de Bouregreg, est toujours à l’arrêt. Au même moment, personne n’est en mesure de confirmer ou d’infirmer les informations sur un éventuel retrait de Sama Dubaï du tour de table de la joint-venture créée spécialement pour gérer cette phase -ce groupe détient 50 % de la société gestionnaire. Mais une chose est sûre, le retrait de l’opérateur émirati est aujourd’hui à l’étude. «Les actionnaires travaillent actuellement sur les différentes alternatives pour sortir de cette crise. Le remplacement de l’actionnaire principal Sama Dubaï par un autre investisseur est envisagé. Mais l’apport financier du futur entrant est sujet à discussion puisqu’il est difficile de trouver un investisseur capable d’honorer les engagements de Sama Dubaï», confie une source proche du dossier. En effet, sur les 3 milliards de dollars (24 milliards de DH) que devrait coûter le projet Amwaj, Sama Dubaï s’était engagée à fournir la moitié, soit 12 milliards, dans un délai de 4 ans. «Le nouvel entrant pressenti ne pourra pas apporter plus d’un milliard de DH. Si l’opération est conclue, beaucoup de choses changeraient dans le pacte d’actionnaires», ajoute notre source.
Le terrain, principal casse- tête pour reconstituer le tour de table
Contacté par La Vie éco, Lamghari Essakl, Dg de l’Agence d’aménagement de la vallée du Bouregreg (AAVB) qui chapeaute tous les projets de la vallée, rejette l’éventualité d’un remplacement de Sama Dubaï. «Il est vrai que le chantier est toujours à l’arrêt, mais nous ne sommes pas dans une optique de rupture», précise-t-il. Avant d’ajouter : «Nous sommes actuellement en négociations avec tous les partenaires pour voir dans quelle mesure l’agence peut reprendre la gestion du projet dans l’objectif de le redynamiser».
M. Essakl cite également le pacte d’actionnaires qui stipule que le terrain (180 000 m2) est la propriété de la société gestionnaire pour expliquer toute la difficulté à changer la composition du tour de table. Outre le groupe émirati, le capital est contrôlé par l’AAVB qui détient 20%, la Caisse de dépôt et de gestion (20%) et la Caisse marocaine des retraites (10%). «Il serait donc très difficile de remplacer Sama Dubaï par un autre actionnaire. De toutes les manières, je reste convaincu que le changement de partenaire ne constitue pas la meilleure alternative», insiste M.Essakl. Il ne ferme cependant pas tout à fait la porte à un possible remplacement de l’opérateur émirati. «S’il n’existe aucune autre solution et que nous sommes obligés de remplacer Sama Dubaï, il appartiendra alors à l’AAVB, et non à l’opérateur émirati, de choisir le nouveau partenaire» , concède-t-il.
Signalons par ailleurs qu’en plus d’Amwaj, le projet d’aménagement de la vallée de Bouregreg comprend cinq autres séquences. Il s’agit de Bab Al bahr (voir encadré), la Kasbah du Bouregreg, le Sahrij du Oued, El Minzeh El Kébir et le Lac des Shouls. Ces séquences ne sont pas successives, mais elles sont mises en concurrence selon la disponibilité des partenaires qui répondent favorablement aux cahiers des charges.
Focus : Bab Al bahr : l’enjeu !
Si elle connaît des problèmes quant à la mise en œuvre de la deuxième séquence du projet Bouregreg, l’Agence d’aménagement de la vallée éponyme (AAVB) est en revanche très fière de ses autres réalisations. «Nous sommes engagées sur d’autres séquences de ce projet qui marchent très bien. Installation hydraulique, pont tunnel qui doit relier Rabat à Salé, tramway…constituent autant de chantiers qui n’accusent aucun retard», se félicite Lamghari Essakl, Dg de l’AAVB. Mais c’est Bab Al bahr, la première séquence de ce méga-projet, qui détient la palme d’or quant à l’état d’avancement des travaux. Après la finalisation de l’aménagement du site, les travaux de développement et de construction ont été lancés en grande pompe le 11 mai courant. La société gestionnaire a même démarré la commercialisation des 23 lots qui constituent la cité Bab Al bahr. Celle-ci comportera notamment 1 600 logements de haut ou de moyen standing, des équipements, des commerces dont un centre commercial, des activités tertiaires et 4 hôtels.
Source : La Vie Eco, le 29-05-2009, écrit par N.B.
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